lundi 18 décembre 2006

Et maintenant ?

Le 18 décembre 2006 restera sans doute dans la petite histoire de la profession, comme un moment historique.

Historique, ces milliers d'avocats représentant des dizaines de Barreaux, venus de province et de banlieue, qui ont démontré, ce jour, en battant le pavé de Paris, que, à l'encontre de tout ce qui nous a été dit depuis des semaines, le Barreau de France est mobilisé et passablement en colère.

Historique, ces quelques cetaines d'avocats parisiens, présents dans le cortège et témoins de ce qu'ils ont, quoiqu'en dise leur ordre, les mêmes problèmes que tous ceux de leurs confrères et le même coeur qui bat à l'unisson de la défense.

Historique tous ces Avocats réunis pour affirmer avec forcequ'ils sont les défenseurs naturels et passionnés des démunis, et qu'ils ne souhaitent finalement qu'un peu de considération et d'estime;

Historique encore cette incroyable bronca à l'encontre du Bâtonnier de Paris, hué, interdit d'estrade, empêché de prendre la parole au nom d'une profession qui lui a fait comprendre qu'elle n'est pas représentée par lui.

Historique ces huées à l'encontre d'un CNB disqualifié à force d'attermoiements, de demi-mesures et d'échecs, gangrenné par les luttes de pouvoirs et d'influence;

Historique ce Bâtonnier, Président de la Conférence des Bâtonniers qui n'a pas eu l'audace de nous dire que notre mouvement était fini, averti qu'il avait été par le sort réservé par des milliers de Confrères aux sus-dits;

Historique ce peuple d'avocats, réclamant son droit à exister, à travailler, à défendre ces concitoyens, faisant fi des consignes et des mots d'ordre,

Et maintenant ?

Qui va encore, dans notre profession avoir le front de nous expliquer que nos revendications étaient satisfaites, quand des milliers d'avocats ont défilé pour justement affirmer qu'elles ne l'étaient pas !

Quel Bâtonnier va avoir le franc culot de nous dire que nous sommes bien défendus, alors que des milliers de gorges ont crié leur insatisfaction et leur colère.

Quel crédit reste-t-il au Bâtonnier de Paris pour prétendre représenter ceux-là même qui ont défilé aujourd'hui, contre son avis ?

Quel crédit reste-t-il au Président du CNB, ancien Bâtonnier de Paris, et à ses seuils psychologiques ? 5 ou 6000 avocats n'est-ce pas là un autre seuil psychologique ?

Quel crédit reste-t-il enfin à tous ceux qui se préparent à nous dire que la récréation est finie alors que l'immense colère d'une profession, trop longtemps bafouée, vient de s'exprimer ?

Ce fut ce jour une remarquable démonstration de force et de volonté.

Espérons qu'elle ne sera pas enterrée, comme celle d'un certain 18 Décembre 2000.

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